Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 10:52
Je quitte la Plateforme Humanitaire le 5 juin avec la sensation d’avoir évolué personnellement et professionnellement.

Une belle page se tourne… à moitié car pour tous, ce voyage et cette formation ont été vécus comme une expérience enrichissante qui ne laissera pas notre avenir professionnel et notre chemin de vie insensibles. « A moitié » parce que cette aventure et les souvenirs puisés continueront à frémir en nous, nourrirons chacune de nos traversées. Ce qui m’a touché le plus ce sont toutes les valeurs humaines qui ont bouleversées de plein fouet certains de mes propres principes de vie occidentale.

 

 

La gentillesse des burkinabé, la beauté culturelle correspondent véritablement à l’image que je m’étais faite de ce pays. J’ai découvert des paysages magnifiques laissant apparaître au loin des petits villages isolés où les gens vivent hors de toute superficialités qu’ont les européens. Evidement, lorsque nous traversions un village avec notre bus blanc nous ne passions pas inaperçus ; imaginez une dizaine de « toubab » (Blancs en Dioula) au milieu d’une civilisation noire ! Alors ce qui était génial c’est de voir tous ces enfants abandonner leur activités quotidiennes pour nous faire signe de la main et crier en cœur : « Toubabou, Toubabou !! ».

 

Sourires, regards, curiosité aussi, chacun de nos passages étaient sources de rencontres…

Je ne les oublierais jamais.

C’est ce que j’ai retenu en premier de ce pays, la facilité à ne pas se retrouver seul où que l’on aille.

Comme ils le disent si bien : nous sommes tous de la même famille ainsi il n’y a pas individualité mais collectivité, solidarité, entraide et je pense que ce qui me manque le plus ici en France c’est cette vision de la vie en société, pas suffisamment mise en valeur à mon goût.

Cette mission au Pays des hommes intègres m’a apporté non seulement un regard plus complet sur l’engagement solidaire associatif mais aussi un chemin de réflexion sur ce que je suis au fond de moi, de ma vie occidentale, sur ce que je veux devenir. Quelles valeurs humaines vont nourrir mon chemin de vie future ? Cette question tambourinait dans ma tête semaines après semaines. C’est au retour et avec du recul qu’elle prit tout son sens, agissant sur ma vie quotidienne comme un moteur.

Ce voyage m’a aussi permis de mieux me connaître, de prendre conscience de mes envies professionnelles. Je suis sûre à présent de vouloir travailler dans le cadre humanitaire entant qu’Educateur de Jeunes Enfants spécialisé dans la déficience auditive. Nombreuses ont été les occasions où j’ai pu rencontrer des enfants et autant de fois j’ai été sensible à leur regard interrogatif, à leur vivacité, durant nos escapades ou simplement au croisement des routes…

Mais cette super immersion n’a pas été toujours facile du moins les premier jours. Il m’est déjà arrivé de partir à l’étranger, de chercher de nouveaux repères, de connaître une autre culture et un autre pays mais dès notre arrivé tout est allé très vite…

La ville grouillait de mobylettes, de carrioles et de marchands, les gens nous sollicitaient, ce qui nous obligea à s’adapter rapidement afin de ne pas perdre pied !

Ce fut néanmoins un début d’adaptation agréable. « Le rythme africain », le mode de vie, le quotidien nous submergèrent une fois nos valises à Bobo- Dioulasso ; nous nous sommes peu à peu fait à ce bouleversement des cultures, charme de chaque aventure à l’étranger…

Notre groupe étant très soudé et nos encadrants présents, je n’avais que peu de temps d’avoir de « coup de blues » et puis en Afrique il n’est pas question de se laisser aller, il y a tellement à découvrir, à donner et à recevoir. C’est d’ailleurs cette constatation qui me guida tout au long des huit semaines.

Ce voyage m’a fait prendre conscience des petits riens qui nous mutinent l’esprit au quotidien, au lieu de vivre quelque chose d’humain et enrichissant avec d’autres cultures. Le contrôles de soi et des ses angoisses fut un travail de réflexion personnelle.

 

 

Pour ce qui est de ma vie au chantier, la collaboration avec les huit jeunes burkinabé a été géniale et riche en échanges et complicités ! Ils ont pu nous apporter leurs savoirs professionnels, pour ma part j’ai pu apprendre plusieurs méthodes de travail qui m’étaient jusque là inconnues ou peu pratiquées. Je me suis vue toucher à tout : fabrication de parpaings, électricité, maçonnerie, peinture à la chaux… Cela m’a beaucoup plu je suis prête maintenant à faire un autre chantier !

Ce chantier ma permit d’acquérir ainsi une plus grande connaissance du bâtiment, la découverte de nouveaux produits comme la chaux que je n’avais jamais appliquée ou encore le « système D » !!

 

J’ai beaucoup aimé vivre cette aventure à 16 avec ce brassage des cultures car l’entraide, les apports de connaissances et compétences de chacun n’ont rendu que plus riche cet échange. Je devais tout comme mes acolytes de chantier restée dynamique et à l’affût de la moindre méthode de travail à prendre et ce malgré la chaleur et la fatigue.

 

Une belle vie à 16 et des liens d’amitié forts que n’oublierais jamais…

On a beau se connaître depuis trois mois, partager des choses super ensemble, la vie de groupe reste néanmoins complexe. J’ai du parfois, et cela ne peut être autrement lorsque nous vivons à 10, abandonner certaines choses pour d’autres. Il a fallut parfois faire des concessions pour le bon fonctionnement de groupe, bien sûr des petites tensions se sont vues s’installer entre certains mais cela apprend le contrôle de soi, la tolérance et le besoin indispensable de communiquer. Je me suis vue prendre plus d’assurance pour ce qui est des décisions en commun.  J’ai appris à m’affirmer d’avantage et donc de trouver ma place au sein de ce groupe diversifié. Les cours que j’ai reçus pendant les deux mois de préparation au départ, portant sur la culture et le développement durable m’ont beaucoup aidés à comprendre le fonctionnement d’un puits perdu, d’une fosse septique, du tri des déchets mais aussi toute l’importance de la religion dans la vie des burkinabé, des coutumes, du mode de vie… Je me suis donc nourrie de cela pour découvrir aisément toute la beauté de cette culture burkinabé.

 

L’organisation du travail consistait à se répartir les tâches quotidiennes. Chaque semaine, il y avait une équipe de deux pour les courses de la maison, une pour le ménage, une autre pour la vie du blog et une autre enfin pour préparer nos sorties du week-end ! J’ai trouvé que la gestion du quotidien marchait bien malgré un petit relâchement les dernières semaines !!

 

En somme ce fut une merveilleuse histoire humaine et solidaire. Je n’oublierais jamais les regards des enfants, des marchands si gentils et de toutes les personnes qui ont croisé ma route…

Cette aventure m’a permit d’évaluer mes capacités et de prouver que nous avons tous le pouvoir de donner humainement et simplement. Je suis vraiment heureuse d’avoir pu participer à cette mission qui me sera utile pour mon futur. J’en ressors plus motivée que jamais et plus sûre de moi avec une envie forte de poursuivre dans l’associatif, dans l’action pour moi et pour les autres.

 

Je postule pour Septembre, un poste de volontaire en service civil à Unis Cité Midi-Pyrénées afin de poursuivre dans l’action solidaire. En suite je compte suivre une formation à la Langue des Signes et me diriger vers une école d’Educateur de Jeunes Enfants.

Par stagiaires burkina
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Formation internationale

  • : Des actions internationales, à la Plateforme d’Insertion par l’Humanitaire et la Coopération, permettent à des personnes de s’impliquer dans un environnement et une culture différente, véritable atout en termes de construction personnelle et d’apprentissage des savoirs. Dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée entre la région Rhône Alpes et la région des Hauts Bassins, une Action d’Orientation et de Formation (6 mois) est menée au Burkina Faso.

Bienvenue !

 

Huit jeunes issus de la région Rhône-alpes, à qui un chantier de 2 mois au Burkina Faso est proposé !!

Ce projet consiste à mener à bien la réhabilitation de dortoirs, dans un centre agricole situé à Bobo-Dioulasso, la capitale économique du pays.

Nous aurons la chance de travailler en collaboration avec la population locale, plus particulièrement avec huit jeunes burkinabé du centre agricole. Ce partenariat apportera richesses et valeurs personnelles au sein de cette aventure humaine.

 

Nous vous invitons à vous arrêter  un instant sur ce blog qui vous fait partager l’évolution de notre projet : Venez voyager avec nous !!!

 

PS : petit cours de dioula -----} Aongata signifie « on y va ! »

Vous comprendrez de ce fait pour quelles raisons nous avons choisi ce mot pour désigner notre blog !

Que l’énergie et l’esprit de solidarité nous animent tout au long de ces 2 mois !!

 

Bon voyage et bonne découverte, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires !! 

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